Notre aide doit répondre aux besoins éducatifs les plus fondamentaux

Aide française à l'éducation

Publié le 23 janvier 2019 à 11:27

Lettre au Ministre des Affaires Étrangères

Monsieur le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur l’aide française à l’éducation – APD.
Notre pays souhaiterait orienter sa présidence du G7 autour des enjeux de l’éducation dans les pays en développement.

Ce louable objectif se heurte pourtant aux chiffres déclarés auprès du CAD de l’OCDE. En effet, l’aide à l’éducation de base (alphabétisation, éducation pré-scolaire et primaire...) ne représente que 2% de l’APD française. Les pays prioritaires de l’aide française désignés par le CICID en 2016 ne reçoivent que 17,7% de l’aide française à l’éducation, l’Afrique subsaharienne que 26% et le Sahel que 4,2%.

Par ailleurs, 69% de l’aide de la France à l’éducation sont alloués aux bourses et frais d’accueil des étudiants étrangers issus des pays les plus favorisés. Ces montants représentent 5 fois la part consacrée à l’éducation de base dans les pays en développement. A ce propos, l’augmentation des frais d’inscription pénalisera encore plus les étudiants étrangers issus de pays les plus fragiles qui ne pourront plus venir étudier dans notre pays, faute de moyens.

Certes, un engagement de 200 millions d’euros dans le Partenariat mondial pour l’éducation et de 100 millions d’euros à destination de l’aide bilatérale à l’éducation de base, sur la période 2018-2020 ont été annoncés, avec une priorité pour les pays du Sahel. C’est une bonne chose.

Mais afin que l’aide bilatérale à l’éducation puisse répondre aux besoins éducatifs les plus fondamentaux, il est essentiel de prioriser ces crédits en faveur des pays les plus pauvres et de l’éducation de base .
Lors de son discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Président de la République a déclaré « l’urgence d’investir dans l’éducation de base n’a jamais été aussi forte ».

Dans ce cadre, je suis certaine de pourvoir compter sur votre bienveillance pour accompagner les pays en développement dans leur mise en œuvre d’une politique éducative ambitieuse.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de mes sincères salutations.

Christine Prunaud

Sénatrice des Côtes-d'Armor
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