Six sénateurs de droite reprennent à leur compte et tels quels les amendements du Medef

Publié le 28 octobre 2004 à 17:36 Mise à jour le 8 avril 2015

par Guy Fischer et Roland Muzeau

C’est désormais fait, le MEDEF a trouvé des porte-parole au Sénat. Dévoués, six d’entre eux ont déposé au moins huit amendements reprenant, mot à mot, y compris dans la définition de l’objet, les textes déposés par M. GAUTIER SAUVAGNAC.

Dans ces amendements, figurent entre autres, la redéfinition du licenciement économique pour assurer le maintien de la compétitivité de l’entreprise.
Il suffisait certes de seulement rajouter son nom et de proposition du MEDEF, l’amendement devenait proposition de sénateur.

C’est fait. Nul n’a jamais eu la moindre naïveté quant au lobbying exercé d’ici ou de là sur les parlementaires. Mais il s’agit, dans le cas présent, de l’emploi, de la détresse des salariés qui perdent leur emploi et qui n’en retrouvent pas.

La gravité est donc patente, le texte LARCHER déjà porteur de sérieuses atteintes au code du travail et aux droits des salariés se trouve en passe d’être terriblement durci si ces amendements étaient retenus.

La question est désormais posée : la majorité sénatoriale et les ministres BORLOO et LARCHER franchiront-ils le pas et concluront-ils de manière de manière sinistre cet important dossier ?

Guy Fischer

Ancien sénateur du Rhône

Roland Muzeau

Ancien sénateur des Hauts-de-Seine

Ses autres interventions :

Droit au logement opposable : explication de vote

Les sénateurs du groupe CRC se sont finalement abstenus lors du vote du projet de loi instituant un droit au logement opposable. Favorables à ce droit, bien avant la conversion subite du gouvernement, ils estiment que le texte voté est trop restrictif."Le processus d’opposabilité du droit au logement, a déploré Roland Muzeau, sera complexe, long et difficile à mettre en œuvre et ne sera pas le même partout. L’exemption dont bénéficieront certains territoires pèsera sur l’universalité du droit et l’égalité des demandeurs de logement devant la loi." Les sénateurs communistes se félicitent néanmoins de ce premier pas, accompli grâce à une mobilisation de terrain, et espèrent que le droit au logement prendra rapidement "un tour plus concret et plus ambitieux".

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