Les plus grandes puissances de la planète viennent de se réunir à Séoul pour tenter de porter remède aux déséquilibres mondiaux et aux désordres économiques.
Mais les désaccords sont tels que ce G20 est un nouveau fiasco. Il débouche sur un texte minimaliste et renvoie à plus tard le traitement de la guerre commerciale et monétaire qui marque aujourd’hui les rapports de forces internationaux.
Mais, pouvait-il en être autrement ? La crise financière et économique a en effet mis en évidence des conflits d’intérêts sans précédents et les logiques de concurrence continuent de primer sur les logiques de coopération, creusant les inégalités et laminant les pays les plus fragiles.
Les Etats-Unis jouent sans retenu de la planche à billet pour asseoir leur domination et la compétitivité de leur économie. La Chine organise la sous évaluation de sa monnaie pour gagner des parts de marché à l’exportation. Les pays européens, quant à eux, mettent en œuvre des politiques d’austérité et de rigueur qui réduisent les dépenses publiques au détriment de la satisfaction des besoins des populations et qui jouent en défaveur de la croissance.
Le G20 n’est donc que l’expression de la domination des plus riches. En excluant plus de 170 pays, il ne peut prétendre répondre aux multiples défis sociaux, économiques et environnementaux, auxquels la planète est confrontée.
Seule l’ONU serait en capacité d’inscrire son action en faveur d’un nouvel ordre international fondé sur des valeurs de justice, d’égalité et de respect mutuel.
Il faut aussi réformer le FMI, supprimer le droit de veto américain et tourner son action en faveur du développement des peuples. Il faut enfin rompre avec la domination du dollar et lui substituer une monnaie universelle.
Nicolas Sarkozy devenu nouveau Président du G20 sera très loin de ces préoccupations. Il va simplement chercher à instrumentaliser cette nouvelle stature internationale, pour tenter de redorer son image fortement dégradée auprès de nos concitoyens.
Nous savons par avance que ses déclarations enflammées sur la « moralisation du capitalisme » ne seront pas suivies d’effets. Tout va continuer comme avant et rien ne va changer.
Cela conforte notre conviction que seule l’amplification de la mobilisation des peuples permettra de résister à la fuite en avant libérale et imposera des réformes alternatives radicales en faveur du développement humain.